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3,7 kW, 5,5 kW ou 7,5 kW ? Bien choisir la puissance DAFI pour l’évier, la douche — sans deviner  - Guide pratique : combien de kW il te faut vraiment pour un lavabo, un évier et une douche afin de garder l’eau bien chaude, même en hiver.

3,7 kW, 5,5 kW ou 7,5 kW ? Guide des puissances DAFI sans prise de tête

Ce que « kW » veut vraiment dire — et pourquoi l’eau devient parfois juste tiède

La puissance en kW, c’est la vitesse de chauffe. Plus c’est puissant, plus tu peux monter de litres par minute à une température agréable. Règle de la vraie vie : plus le point de puisage est gourmand (douche > évier > lavabo), plus l’eau d’arrivée est froide (bonjour l’hiver) et plus le trajet de tuyaux est long/froid, plus il vaut le coup de viser une puissance élevée. Ordres de grandeur dans des conditions courantes (entrée ~15 °C, ~200 kPa) :
– 3,7 kW ≈ 1,9 l/min jusqu’à ~40 °C ;
– 4,5 kW ≈ 2,4 l/min jusqu’à ~40 °C ;
– 5,5 kW ≈ 2,9 l/min jusqu’à ~40 °C ;
– 7,3–7,5 kW ≈ ~4,0 l/min jusqu’à ~40 °C ;
– 9 kW ≈ 4,7 l/min, 11 kW ≈ 5,8 l/min jusqu’à ~40 °C.
OK, ça c’est la théorie. En pratique, un petit détail pèse lourd : une chute de tension de 1 % à la prise te retire à la louche 2 % d’efficacité de chauffe — en plein hiver, ça peut faire la différence entre « super » et « bof ». Moralité : l’installation électrique et la longueur des câbles comptent plus qu’on ne le pense.

Le mini-calcul à la cool

Tu aimes les calculs rapides ? P [kW] ≈ 0,07 × Q [l/min] × ΔT [°C]. Tu veux passer de 10 °C à 40 °C (ΔT = 30 °C) avec 5 l/min ? 0,07×5×30 ≈ 10,5 kW. C’est ce qu’il faut pour une douche « comme sur un mitigeur » sans concession. Avec 7,5 kW, tu baisses le débit (ex. pommeau ECO à ~4 l/min) et — bam — ça marche nickel. En été (entrée ~15–18 °C), la même puissance semble plus généreuse qu’en hiver.


Évier de cuisine — confort à faible débit + astuce mousseur

Ce qui marche vraiment pour la vaisselle — et pourquoi les petites puissances gagnent ici

À l’évier, c’est la température et la qualité du jet qui comptent plus que le gros débit. Pour laver la vaisselle et les mains, 2–3 l/min suffisent largement. Ici, 3,7–4,5 kW font un super boulot — à condition d’ajouter un mousseur/jet spray. Ces embouts « ouvrent » le jet et boostent la sensation de chaleur : tu ressens plus de chaud en consommant moins d’eau.
Si tu rinces souvent de grandes plaques ou si tu veux un jet plus nerveux, 5,5 kW t’offrent ~2,9 l/min à ~40 °C : léger surcroît de conso, confort nettement plus vif. C’est souvent le sweet spot pour la cuisine.

La vraie vie en cuisine : distance et… calcaire

Plus le chauffe-eau est près du robinet, moins tu perds de chaleur dans les tuyaux. Monte-le au plus près du point d’usage : c’est du confort « gratuit ». Et pense à détartrer le mousseur régulièrement (oui, ces petites ailettes en caoutchouc servent à « pousser » le calcaire). Un mousseur encrassé = moins de débit, température instable, impression que « la résistance n’assure pas » alors qu’elle va très bien.


Lavabo — 3,7 kW vs 5,5 kW et quand ça vaut vraiment le coup de monter en gamme

Rasage, maquillage, brossage — le confort instantané

Pour un lavabo, le confort démarre déjà à 3,7 kW. Avec un trajet court et un mousseur, tu as de l’eau chaude tout de suite, sans poireauter. Si l’hiver est rude chez toi et que tu aimes un vrai jet bien chaud, 5,5 kW te donnent de la marge : moins de chipotage sur le mitigeur et moins de risque de « tiède surprise » au bout d’une minute. Sur le papier, l’écart est net : 1,9 vs 2,9 l/min à ~40 °C ; dans la vraie vie, on passe de « ça va » à « ahh, parfait ».

Deux points sur un seul appareil ? Pas top en petite puissance

Oui, en théorie un appareil peut alimenter deux points (ex. lavabo + évier). En pratique, les petites puissances ne sont pas faites pour ça. Chaque T et chaque mètre de tuyau mangent de la température. Si ton plan c’est « un DAFI — deux lavabos », ça commence à devenir sensé à 5,5 kW, mieux 7,3–7,5 kW, et toujours avec des trajets très courts. Franchement, « un chauffe-eau par point » reste la voie la plus zen.


Douche — quand 7,3–7,5 kW suffisent et quand viser 9–11 kW

La réalité sous le pommeau

Une douche « pleine » aime 6–8 l/min d’eau chaude. Ça renvoie plutôt vers 9–11 kW, surtout l’hiver (ΔT plus grand). 7,3–7,5 kW tiennent la route si tu coches trois cases : pommeau ECO ~3,5–4,0 l/min, trajet court, élec propre. Les chiffres sont têtus : autour de 7,3–7,5 kW, tu obtiens ~4 l/min jusqu’à ~40 °C (entrée 15 °C) — c’est la douche confort minimaliste. Envie d’une pluie (rainshower) ? Monte à 9 kW ≈ 4,7 l/min, 11 kW ≈ 5,8 l/min à ~40 °C ; là, tu peux te permettre des têtes plus larges sans « coups de froid ».

Attention à l’alimentation 400 V

Les modèles 7,5 / 9 / 11 kW demandent du 400 V bi-phase (2/PE, sans neutre) et un branchement fixe avec protections adaptées. Important : si tu n’as qu’une mono 230 V à la maison, le plafond « sans refonte » tourne souvent autour de 7,3 kW (230 V). Regarde ton tableau électrique et la section des câbles avant de craquer pour « la puissance de rêve » : l’installation doit suivre, en sécurité.


Baignoire ? Mieux vaut éviter — les chiffres ne mentent pas

Pourquoi l’instantané et le remplissage de baignoire font rarement bon ménage

Une baignoire de 120–180 L réclame beaucoup de débit à haute température pendant longtemps. Même 11 kW à ~5–6 l/min vers ~40 °C, ça remplit lentement et la température peut fléchir dès que la pression du réseau joue au yo-yo. Honnêtement : la baignoire préfère un ballon (ou un montage hybride). Si tu veux absolument de l’instantané, il faudra accepter les compromis : tout petit débit (bonjour la patience) ou optimisme d’été. Ces puissances sont taillées pour lavabo, évier, douche, pas pour 140 L d’un coup.


Checklist avant d’acheter — pression, élec, distance, pose et petites astuces

1) Pression d’eau

Vise ~1–6 bar. Si ça grimpe/varie trop chez toi, installe un réducteur. Trop bas ? Débit mollasson et risque que l’appareil ne se déclenche pas à tous les coups.

2) Installation électrique

– Au-delà de 3,7 kW : branchement fixe avec terre (TN-S/TN-C-S), disjoncteurs dimensionnés au courant nominal ;
7,5–11 kW : 400 V, 2/PE, sans neutre ; disjoncteur dédié et câbles à la bonne section ;
– Mémo : chaque 1 % de chute de tension te coûte environ 2 % d’efficacité de chauffe. Câbles courts, connexions soignées = boost gratuit.

3) Distance au point d’eau

Monte l’appareil au plus près du robinet/pommeau. Chaque mètre de tuyau, c’est de la chaleur perdue et un « front d’eau chaude » qui met plus de temps à arriver. En cuisine et au lavabo, c’est crucial ; pour la douche, ça peut décider si 7,5 kW sont « ok » ou « frustrants ».

4) Dégazage et zones interdites

Toujours chasser l’air avant la mise sous tension (ouvre l’eau chaude et laisse couler ~1 min). Jamais d’installation dans la cabine de douche. Des détails ? Oui. Mais ça sauve la résistance… et tes nerfs.

5) Mousseur/pommeau ECO et filtre

En petites puissances — mousseur/spray (surtout 3,7–4,5 kW). Pour la douche — pommeau ECO ~3,5–4 l/min. Ajoute un filtre mécanique en amont : moins de calcaire, débit plus stable, appareil qui dure. Nettoie régulièrement le mousseur et la crépine d’entrée : signes d’alerte = jet faiblard, surchauffe, démarrage capricieux.


Anti-sèche de dimensionnement (scénarios concrets)

Que choisir aujourd’hui pour ne pas le regretter demain

  • Lavabo (trajet court, mousseur 2–3 l/min) : 3,7 kW (confort), 5,5 kW (confort+ l’hiver). Pourquoi : jusqu’à ~40 °C à 1,9–2,9 l/min ; le mousseur change tout.
  • Évier de cuisine (mousseur 2,2–2,7 l/min) : 4,5 kW (passe-partout), 5,5 kW (plus nerveux). Pourquoi : plus de marge pour rincer.
  • Douche (pommeau ECO 3,5–4,0 l/min) : 7,3–7,5 kW (confort mini), 9–11 kW (confort plein, petite pluie). Note : 7,5 kW+ nécessitent le 400 V.
  • Baignoire : déconseillé pour cette gamme de puissances ; vise un ballon.
  • Deux points sur un appareil : trajets très courts et dès 5,5 kW ; mais, sérieux, un appareil par point c’est plus simple.

Résumé en clair : choisir sans se planter

Plan d’action simple qui épargne tes nerfs et ton porte-monnaie

  1. Choisis le point : lavabo / évier / douche.
  2. Fixe le débit : mousseur 2–3 l/min (lavabo/évier), pommeau ECO 3,5–4 l/min (douche).
  3. Estime ΔT : hiver (ex. 8→40 °C = 32 °C), été (15→40 °C = 25 °C).
  4. Calcule : 0,07 × l/min × ΔT → ta puissance idéale.
  5. Vérifie l’élec : 230 V (jusqu’à ~7,3 kW) vs 400 V (7,5–11 kW), disjoncteurs, sections.
  6. Ajoute les alliés : mousseur/pommeau ECO + filtre ; pose au plus près, purge avant l’allumage, jamais dans la douche.

Quand pression, élec, trajets courts et puissance sensée s’alignent, le fameux « brrr » soudain sous la douche disparaît. Et c’est exactement le but.


Conclusion

Voilà tout ce qu’il faut pour dimensionner ton DAFI sans devinettes — et sans « tièdes surprises ».